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STOP au déremboursement des matériels de réparation des ménisques !

2 mars

La réparation des ménisques à la charge des patients ou une perte de chance programmée ?
http://www.sofarthro.com/email-aler…

Les lésions des ménisques ne nécessitent pas toutes une intervention chirurgicale cependant a fracture ou rupture du ménisque représente plus de 200 000 interventions par an. Réalisée sous arthroscopie c’est-à-dire avec une petite caméra sans ouvrir l’articulation , et en soins ambulatoires c’est à dire le patient rentre à domicile le jour même de l’intervention.
La plupart des lésions dites « dégénératives », d’usure, sont traitées médicalement sans recours à la chirurgie.

Cependant lorsque l’indication d’opérer est retenue, deux types de gestes chirurgicaux sous arthroscopie peuvent être proposés :

La suture – (ou réparation) du ménisque pour des déchirures méniscales récentes, chez des personnes jeunes. La suture est réalisée avec des fils spécifiques ou des implants de fixation résorbables comme des ancres.
C’est un acte chirurgical long, techniquement exigeant, qui permet de préserver le capital du ménisque et donc de limiter l’apparition future d’une arthrose du genou. Cet acte technique n’est pas très bien rémunéré par l’assurance maladie eu égard au temps et aux compétences qu’il exige.
De plus il existe un plafonnement de la prise en charge du matériel nécessaire à la suture du ménisque avec une limitation à trois implants ou ancres remboursées par intervention.

Ou bien il est proposé une résection d’une partie du ménisque.
La zone abîmée du ménisque est extrait et le chirurgien laisse en place le plus de ménisque possible.
Il conserve au mieux toutes que la suture méniscale. Il donne de très bons résultats précoces, mais l’inconvénient est que le ménisque se dégrade progressivement et entraine l’apparition d’une arthrose du genou à long terme le plus souvent.

La réforme de la rémunération de l’acte de méniscectomie signifient le déremboursement des implants ou ancres de réparation méniscale.
Les chirurgiens ne peuvent plus réparer les ménisques car les implants sont à la charge de l’établissement qui va refuser d’acheter les implants, suite à un arrêté paru au JO le 21/02/22 .
C’est une régression de plus de 30 ans de progrès en préservation méniscale, un mépris pour les travaux des sociétés internationales, une perte de chance pour les patients et une contrainte pour le praticien dans la prescription (car l’établissement lui interdit de faire ce que le chirurgien veut faire de mieux pour son patient).
L’année prochaine ils veulent faire cela avec les prothèses articulaires !

Le 1er février, les chirurgiens ont alerté le ministre de la santé Olivier Veran :

Lettre au ministre de la santé.

Cette réforme va l’encontre de ce que nous faisons depuis des années protestent les chirurgiens ? En effet SAUVER LES MENISQUES est un ENJEU DE SANTE PUBLIQUE.
La préservation méniscale est soutenue par toutes les sociétés savantes de chirurgie orthopédique et de médecine du sport depuis plus de 20 ans afin d’améliorer la qualité de vie des adultes jeunes atteints de pathologies du genou (entorse, problèmes méniscaux et cartilagineux) le plus longtemps possible.
La réparation méniscale est l’intervention la plus fiable et la moins coûteuse qui permet de maintenir la bonne fonction du genou sur le long terme et de retarder la survenue d’arthrose et de handicap.
De nombreuses techniques de réparation méniscales ont été développées pour rendre ces interventions fiables et de pratique quotidienne lorsque la situation le nécessite.
Le projet de radiation des implants de réparation méniscale va totalement à l’encontre des progrès réalisés dans ce domaine dans la prise en charge des patients et des recommandations des sociétés savantes.
Ce projet est donc une régression et représente à la fois une réelle perte de chance pour les patients et une contrainte dans la prescription et le choix thérapeutique pour les professionnels de santé.
En effet, en cas de radiation du remboursement des ancres de suture méniscale, comme d’ailleurs de tout implant orthopédique, le chirurgien orthopédiste risque de se voir refuser l’utilisation d’un implant par son établissement.
Avec cette réforme les établissements deviendront décideurs de l’utilisations des ancres méniscales et pour des raisons économiques en limiteront l’accès aux chirurgiens ce qui diminuera automatiquement le pourcentage de sutures méniscales.
Le chirurgien sera donc contraint de réaliser une intervention délétère pour son patient à savoir une méniscectomie (alors que toutes les sociétés savantes prônent le contraire depuis plus de 20 ans) plutôt qu’une réparation de son ménisque.
Cette dérive semble suffisamment grave à la fois pour la perte de chance encourue pour le patient et pour l’interdiction de prescription et de choix thérapeutique pour son chirurgien.
Sur le plan médico-économique à moyen et long termes cela expose à un surcoût à plusieurs niveaux :

  • Au niveau des dépenses médicales : retard de récupération avec arrêt de travail prolongé, soins de rééducation, consultations spécialisées, gestes thérapeutiques itératifs (infiltrations, réinterventions), augmentation du nombre d’arthroplasties totales du genou de façon précoce, impossibilité de reprise des activités sportives allant à l’encontre du sport santé pour prévenir d’autres pathologies (cardiovasculaires, pulmonaires …)
  • Au niveau du retentissement social et professionnel : arrêts de travail prolongés ou récurrents, reconversion professionnelle, inaptitude au travail.

Une information a été publiée dans Le Monde du 17 décembre 2021 pour sensibiliser le grand public de l’intérêt et de l’enjeu de la préservation méniscale (- cf le lien en bas de la lettre)

Les associations de patients ont également été alertées et sensibilisées afin d’annuler ce projet de radiation des implants de réparation méniscale qui représente une dégradation majeure et une perte de chance pour des patients jeunes et actifs.

Dans le monde entier, l’orientation de la pratique chirurgicale vis-à-vis des ménisques est « Save the Meniscus » car l’ensemble des études scientifiques (Ref ci jointes) nous ont démontré que la préservation méniscale est l’élément fondamental de la préservation du cartilage à moyen et long terme et donc de la diminution du nombre de prothèse de genou.

A Cost-Effectiveness Analysis of Isolated Meniscal Repair Versus Partial Meniscectomy for Red-Red Zone, Vertical Meniscal Tears in the Young Adult. Rogers M, Dart S, Odum S,Fleischli J.Arthroscopy. 2019 Dec ;35(12):3280-3286.

Cet article américain a évalué le rapport coût-efficacité de la suture méniscale par rapport à la méniscectomie chez le jeune adulte. Leur modèle à horizon de 40 ans a évalué la probabilité de développer de l’arthrose dans chaque groupe et la probabilité d’envisager une future prothèse totale du genou. Ils ont montré que le coût direct total de la méniscectomie était de 38648$, alors que le coût direct total de la réparation du ménisque était de 23948$, d’où une économie de 14700$ avec
la suture du ménisque. Ils ont donc conclu que la suture méniscale était la procédure la plus économique dans le traitement des lésions méniscales chez les jeunes adultes.

en savoir plus
article Le Monde 27 décembre 21

https://grandanglesante.fr/a-la-une…

Attention, les ménisques sont des cartilages fragiles, il faut préserver ses genoux des chocs le plus possible.

Claude Rambaud

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