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Enquête sur les accidents médicaux en établisement de santé au cours de l’année 2019

15 novembre

Lors des journées nationales des hôpitaux français Santexpo, la semaine dernière, la direction de l’offre de soins a communiqué les premiers résultats d’une enquête dont les résultats sont très attendus dans les associations de patients.

Il s‘agit de l’enquête sur les événements dits événements indésirables graves ou EIG, liés aux soins, enquête ENEIS 3. (3e édition)

L’examen des dossiers tirés au sort dans établissements de soin volontaires, a permis de recenser les accidents concernant les actes invasifs, les infections nosocomiales, les erreurs médicamenteuses etc…

En 2019, il y aurait eu en moyenne 4,4 événements indésirables graves par mois pour un service de 30 lits.

Ces erreurs ont été observées soit lors d’une hospitalisation, soit à l’admission venant de ville soit à la suite d’une hospitalisation précédente nécessitant une ré-hospitalisation. 2,6 % des admissions.

Sur 123 EIG recensés, 34 % d’entre eux étaient estimées évitables à l’hôpital, et la moitié en ville ou lors d’une ré-hospitalisation. Le caractère évitable signifie que l’EIG ne serait pas survenu si la prise en charge avait été conforme aux recommandations de bonnes pratiques.

« Si l’on extrapole ces chiffres nationalement, on estime entre 160 000 et 375 000 EIG chaque année au cours d’un séjour hospitalier », selon Philippe Michel directeur de l’enquête.
Et entre 55 000 et 130 000 de ces événements aurait pu être évités, « un chiffre encore très conséquent ».
Du côté de la ville et des ré hospitalisations, 2,6 % des admissions hospitalières sont la conséquence d’une erreur lors des soins.

Médecins et infirmie( e)s ont examiné les dossiers à la source de ces événements indésirables graves ; les erreurs observées sont souvent liées à une défaillance humaine ou une mauvaise organisation.

L’enquête révèle que, sur 4500 séjours examinés, 7 patients sont décédés suite à une erreur de soin lors d’une hospitalisation, 16 ont hérité d’une incapacité à la sortie, et 29 ont vu leur pronostic vital engagé.
Ce chiffre rapporté aux 12,5 millions de personnes hospitalisées en 2019 = encore trop de victimes. !
et cette enquête ne comprend pas les victimes d’EIG évitables en médecine de ville non hospitalisées ni les victimes d’EIG évitables en EHPAD.

Attendons le rapport définitif pour approcher le mieux possible la réalité des sinistres liés aux soins évitables.

La partie enquête en EHPAD a été abandonnée du fait de l’épidémie et l’enquête en soins de ville sera menée à partir de 2022. Les enquêteurs interrogeront des médecins exerçant en ville, et analyseront les décès déclarés dans le système national des données de santé pour recenser ceux qui pourraient être liés à un EIG.

Claude Rambaud

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