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Les nouveaux tests selon l’avis du conseil scientifique du 2 avril

10 avril

Le 2 avril, le Conseil scientifique a tranmis un nouvel avis. ll s’est exprimé en particulier sur les nouveaux tests diagnostiques et confinement.

Son avis intégral sur une stratégie évolutive d’utilisation pour tester en priorité certaines populations :

Depuis l’émergence du SARS-CoV-2, une surveillance internationale a été mise en place afin de détecter une éventuelle évolution du virus (GISAID).
A ce jour, plus de 2000 séquences de génomes complets d’excellente qualité ont été réalisées et analysées, montrant une stabilité de ce virus depuis son apparition.
De ce fait, les diagnostics PCR et sérologiques développés et validés ne sont pas pris en défaut.

Lors de l’infection, la réponse immunitaire permettant la guérison combine une réponse non spécifique innée associée à une réponse humorale (anticorps ou réponse B) et une réponse cellulaire (Réponse T) spécifiques.

Ces éléments de la réponse immunitaire conduisent à la,guérison par élimination du virus. La réalisation d’un diagnostic sérologique permet la détection de la réponse immunitaire post-infectieuse humorale (détection des anticorps IgM, IgG et éventuellement IgA).
La présence de ces anticorps signifie, en l’état des connaissances actuelles, une protection immunitaire développée après guérison d’une infection symptomatique ou asymptomatique.
Certaines données préliminaires semblent indiquer que ces anticorps peuvent apparaitre tardivement (J30), notamment en cas d’infection pauci/asymptomatique. Dès lors, la détection d’anticorps par un test sérologique réalisé chez une personne ayant été symptomatique ou non permet de confirmer une infection récente au SARS-CoV-2.

La phase actuelle de montée en puissance rapide des capacités diagnostiques dans la perspective de la période post-confinement fait qu’il est certain que les outils et moyens prévus à terme seront disponibles et fonctionnels bien avant l’échéance de la levée du confinement.
Cela va permettre de commencer rapidement leur utilisation, tant pour les plateformes de RT-PCR à haute capacité, que pour les tests sérologiques unitaires rapides (tests rapides réalisables hors du laboratoire) ou les tests sérologiques classiques (test réalisés sur automates de laboratoire).

Durant le mois d’avril, l’installation des plateformes de RT-PCR vont permettre d’avoir une capacité diagnostique sécurisée de plus de 45 000 tests/jour, en complément des capacités hospitalières et privées existantes qui seront renforcées a hauteur de 15 000 tests/jour.

A noter que de nouveaux tests moléculaires rapides et ultra-rapides (respectivement 45 et 15 minutes) sont en cours d’évaluation.

Durant la même période, des tests sérologiques unitaires seront disponibles en grande quantité (3e semaine d’avril), ainsi que des tests sérologiques automatisés de type ELISA (fin avril).
L’évaluation de leurs performances analytiques est programmée pour la seconde quinzaine d’avril.

Dans ce contexte, il parait important de modifier la doctrine actuelle d’utilisation des tests afin de proposer une prise en charge significativement élargie du diagnostic, permettant par ailleurs une montée en charge progressive de leur utilisation.

Cela permettra d’organiser le réseau de laboratoires impliqués dans ce déploiement, et une appropriation de la gestion diagnostique intégrée combinant PCR et sérologie.

La mise en place opérationnelle d’une interface entre laboratoires et patients devra aussi être évaluée.
Cette nouvelle doctrine permise par le développement de la capacité diagnostique permettra de répondre à plusieurs besoins immédiats.

Le Conseil scientifique émet 4 recommandations :

 Assurer un dépistage RT-PCR élargi des personnels soignants au contact des populations fragiles en ville.

 Assurer une prise en charge complète et exhaustive des suspicions d’infection dans les EHPAD ou les établissements médico-sociaux, en combinant un diagnostic par RT-PCR et sérologique les malades et les contacts, tant chez les personnels que les résidents.

 Assurer une prise en charge complète et exhaustive des suspicions d’infection en combinant un diagnostic par RT-PCR et sérologique dans les prisons et autres établissements fermés.
Jeudi 2 avril 2020, 18h

 Réaliser des enquêtes sero-épidémiologiques de terrain à l’aide de plateaux de sérodiagnostic à haut débit pour déterminer par la mesure de la séroprévalence le taux de pénétration du virus SARS-CoV-2 dans différents territoires.

Ce déploiement opérationnel est urgent. Il permettra par ailleurs de tester et éventuellement de valider les stratégies innovantes de rendu des résultats et de « contact tracing » nécessaires durant la phase de déconfinement.

Claude Rambaud

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